Marcher ou courir pour se remettre au mouvement : mon choix assumé

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Le samedi matin pluvieux, mes baskets ont frotté le trottoir mouillé dans mon quartier à Lyon, entre les quais de Saône et la montée vers la Croix-Rousse, pendant que ma fille montait un puzzle à la maison. J’avais 27 minutes devant moi, pas une et je n’avais pas bougé sérieusement depuis des mois. J’ai hésité entre marcher ou courir, puis j’ai choisi de partir marcher d’abord. Je pensais déjà au parc de la Tête d’Or, parce que c’est là que j’ai fini par tester mes allures. Ici, je te dis simplement ce qui m’a aidée, ce qui m’a agacée, et ce que je referais ou non.

J’ai vite compris que marcher tranquille ne suffisait pas à relancer mon corps

J’ai commencé par des marches de 27 minutes, trois fois par semaine, sans autre matériel qu’une paire de baskets ordinaires. Dans mon quartier, je n’ai rien senti de net au début, ni souffle qui monte, ni vraie fatigue. J’étais partie avec l’idée que ça relancerait mon corps, mais j’étais surtout restée dans un entre-deux un peu plat.

Je me suis surprise à regarder mon téléphone plus qu’à marcher. Ma sortie ne me faisait ni transpirer ni respirer plus fort.

Quand j’ai accéléré et pris deux côtes, j’ai senti mes mollets chauffer et la voûte plantaire travailler. Avec des chaussures trop souples, j’ai eu une fatigue localisée sous le pied, presque une petite brûlure, et là, je n’étais plus dans la balade. Cette marche rapide m’a surprise, parce qu’elle réveille le corps sans l’impact répété de la course.

L’autre erreur, c’est d’avoir voulu augmenter la fréquence trop vite, de trois sorties à cinq en une semaine. J’ai fini avec une douleur au talon, et mon kiné m’a rappelé que la reprise progressive compte plus que mon envie de rattraper le temps perdu. J’ai compris, un peu tard, que marcher trop lentement ne sert pas à grand-chose non plus.

Courir m’a vite rappelé que le corps ne suit pas toujours la tête

Mes premiers footings dans le parc près de chez moi ont été plus francs que je ne l’imaginais. J’étais sûre de moi au départ, puis au bout de 8 minutes mon souffle tenait encore, mais mes mollets se sont raidis. Le lendemain au lever, j’ai senti cette raideur d’une sortie courte qui laisse les jambes dures et un peu grognonnes.

J’ai dû m’arrêter net en descendant les escaliers, avec une douleur aiguë dans le tendon d’Achille, un signal que je ne pouvais pas ignorer. J’avais l’impression de faire une bonne sortie sur le moment, puis la claque arrivait dans les marches. À ce stade, j’ai compris que le footing continu n’était pas une option pour ma reprise, et que je devais demander un avis si la douleur revenait.

Je suis passée au run-walk, avec 1 minute de course puis 1 minute de marche sur 16 minutes. Là, j’ai tenu sans douleur, même si mes jambes restaient lourdes sur le bitume. Sur la troisième sortie, la respiration restait régulière, mais la foulée traînait déjà un peu.

J’ai été frappée par un détail simple : ce n’était pas mon cœur qui bloquait, c’étaient mes muscles et mes tendons. J’avais encore du souffle, mais mes tibias chauffaient, avec une petite brûlure qui m’a fait penser à une périostite tibiale possible si j’insistais. La course m’a rappelé, sans douceur, qu’après une longue pause le corps ne suit pas la tête au même rythme.

Mes autres options quand ni la marche ni la course ne me convenaient

Si tu reprends après 2 mois sans bouger, que tu as 27 minutes libres et que tu veux remettre une habitude sans te crisper, la marche rapide reste mon choix le plus simple. J’ai payé une paire à 96 euros et ça m’a suffi, parce que je cherchais juste un appui stable, pas un gadget. Dans ce cadre, je peux sortir trois fois par semaine et rentrer encore correcte.

Si tu veux un cardio plus net et que tu acceptes 1 minute de course puis 1 minute de marche, le run-walk me paraît juste. J’ai gardé 16 minutes de séance, avec des chaussures à 118 euros, et je n’ai pas cherché à accélérer plus vite. Le piège, c’est de vouloir faire deux sorties longues d’un coup alors que les mollets n’ont pas suivi.

En revanche, si ton tendon d’Achille est déjà sensible, si tes tibias chauffent après un sol dur ou si descendre quatre étages te lance dans les genoux, je ne partirais pas sur la course continue. C’est là que j’ai vu les plus gros échecs, avec des jambes lourdes dès la deuxième sortie et des envies de lâcher l’affaire. Mon conseil, après ça, c’est de rester sur un format plus souple.

Quand la pluie m’a coincée, j’ai gardé trois plans. Ils m’évitent de basculer dans le tout ou rien.

  • la marche nordique au Parc de la Tête d’Or, quand j’ai besoin de sentir mes bras et mon cardio monter un peu
  • le vélo d’appartement pendant 18 minutes, quand je suis rincée mais que je veux quand même bouger
  • 12 minutes de barre au sol dans le salon, quand j’ai envie de remettre du tonus sans impact

La marche nordique me réveille mieux que la marche lente, le vélo d’appartement me sauve quand je suis rincée, et la barre au sol me remet dans mon axe sans taper dans les articulations. Je ne les mets pas au même niveau, mais j’aime leur côté sans drame. Pour moi, c’est la bonne boîte à outils quand le corps réclame de la mesure.

Le pour, le contre, et mon choix

Le bon public : pour une mère ou un père qui gère un enfant de 6 ans, un agenda chargé et des sorties de 27 minutes, la marche rapide est une base solide. Pour quelqu’un qui reprend après 1 mois, 2 mois ou plus d’arrêt et qui veut éviter la casse, elle laisse une marge de sécurité que la course ne donne pas. Pour une personne qui accepte de sortir trois fois par semaine sans chercher le frisson, c’est le format le plus simple à tenir.

Pas le bon public : pour celle qui veut sentir un vrai effort en 15 minutes sans phase d’adaptation, la marche rapide va paraître trop sage. Pour quelqu’un qui a déjà un tendon d’Achille fragile, des genoux capricieux ou des tibias qui chauffent sur sol dur, la course continue m’a paru trop risquée au départ. Et pour une pratiquante qui veut courir 20 minutes d’un bloc dès la première semaine, je dis non franchement, parce que c’est là que j’ai vu les reprises déraper.

Mon verdict : pour quelqu’un qui accepte de repartir par 27 minutes de marche active, trois fois par semaine, et qui cherche un retour souple plutôt qu’un chrono, la marche rapide gagne. Pour quelqu’un qui veut courir 20 minutes d’un bloc dès la première semaine, ou qui a un tendon d’Achille fragile et des genoux déjà capricieux, c’est non. Au Parc de la Tête d’Or comme dans mon quartier à Lyon, j’ai choisi la solution qui me laisse revenir le lendemain.

Avatar de Camille Desmarais
La rédactrice