Les cours en ligne valent-ils un vrai prof, quand on débute seule ?

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La vidéo de mon cours en ligne du Studio Moka tournait sur mon téléphone, posé contre une brique de yoga, dans mon salon à Lyon. Mon bas du dos s’est déjà creusé avant le troisième mouvement. J’avais lancé la séance après le dîner, quand ma fille rangeait ses feutres et que la cuisine sentait encore le riz chaud. Je voulais juste placer mes pieds et mes bras sans regard d’autrui, puis j’ai vu ce que je ratais. Je vais te dire ce que ces cours m’ont apporté, et là où ils m’ont laissée de côté.

Ce qui m’a poussée à tester les cours en ligne plutôt qu’un prof en direct

Moi, Camille Desmarais, Rédactrice indépendante spécialisée dans le sport et le mouvement au féminin ; ancienne danseuse amateur. J’ai appris à caser le mouvement entre deux fenêtres de 20 minutes. Avec ma fille de 6 ans, je ne pouvais pas compter sur des créneaux fixes ni sur des trajets longs. Je voulais reprendre sans me sentir observée, et sans transformer chaque séance en expédition.

J’ai regardé les cours en salle, les séances collectives, la visio et les plateformes à la demande. Le cours collectif me tentait pour la correction, mais l’horaire du mardi à 18 h 30 me tombait mal deux fois sur trois. La visio me plaisait pour le retour direct, mais je craignais la vitesse du groupe. L’abonnement à 19 euros par mois avait l’air plus souple, et je pouvais lancer une séance de 20 minutes entre deux lessives.

J’ai été convaincue par trois choses : la pause, le retour en arrière et l’absence de petit stress social. Quand je butais sur un placement de bras, je pouvais revoir le passage quatre fois sans gêner personne. Je me suis retrouvée à commencer avec des formats courts, parce qu’au-delà de 25 minutes ma concentration tombait.

Le point qui m’a fait rester, c’est le côté répétable. Une même séance rejouée trois fois dans la semaine me laissait des repères plus nets qu’un long cours une seule fois. Je gardais aussi l’impression de reprendre la main sur mon rythme, ce qui comptait plus que la performance. En pratique, c’était simple, et ça m’allait bien.

Le jour où j’ai vu mon bassin trahir ma posture – La prise de conscience qui change tout

Un mardi de novembre vers 19 h 30, j’ai posé mon téléphone contre la théière et je me suis filmée de profil. À l’écran, j’ai vu le petit creux dans le bas du dos que je ne sentais pas du tout. Ce jour-là, voir mon bassin glisser vers l’avant sur l’écran m’a fait comprendre que je ne me connaissais pas aussi bien que je le croyais. J’avais l’air calme, mais mon corps racontait autre chose.

Le problème venait de cette antéversion du bassin qui me poussait dans une cambrure excessive. Je rentrais un peu trop le ventre, je serrais les fessiers, et tout le poids partait dans les lombaires. La respiration se bloquait, la cage thoracique restait haute, et au milieu de la séance j’avais déjà les trapèzes durs. Je croyais faire propre, mais je forçais pour rien.

Là, j’ai été frappée par la limite des vidéos seules. De face, mes bras avaient l’air propres, mais on ne voyait ni le bassin, ni les genoux, ni le pied qui s’écrasait vers l’intérieur. La vidéo selfie au téléphone m’a aussi montré un cou avancé et un dos un peu rond. Sans œil extérieur, le trompe-l’œil est facile.

La séance suivante, je suis allée trop bas dans un squat et j’ai refait la même erreur. Je me suis retrouvée avec les genoux tordus et un bassin basculé, puis une petite tension dans les lombaires dès la fin. Le lendemain matin, je me suis sentie bien étirée, puis ma nuque m’a rappelé que la séance avait triché. Je ne savais plus si ça travaillait ou si ça compensait.

Comment j’ai adapté ma pratique après ce déclic et ce que je recommande selon ton profil

Après ça, j’ai ralenti. Je prenais des séances de 15 minutes, je faisais pause au milieu, et je revenais en arrière sur deux passages clés. J’ai filmé un ou deux exercices, pas toute la séance, juste pour comparer les genoux, les épaules et le bassin. Le résultat était net : je corrigeais plus vite qu’en laissant défiler la vidéo.

J’ai aussi gardé la visio une fois par semaine pendant un mois, parce qu’un regard direct corrige ce que la caméra laisse passer. Une prof m’a simplement dit de relâcher les épaules et de laisser les côtes redescendre, et le mouvement a changé d’un coup. C’est là que je suis devenue plus exigeante avec les vidéos à la demande.

  • Débutante timide, 20 minutes, 19 euros par mois – oui, si le but reste d’oser commencer sans pression.
  • Lombaires ou genoux qui tirent – non, j’arrête et je demande un avis à une prof, puis à un professionnel de santé si la gêne persiste.
  • Agenda serré, 2 séances par semaine, envie de progresser sans salle – oui, avec un mix vidéo et visio ponctuelle.

J’ai appris une chose simple. Une séance courte répétée trois fois par semaine pèse plus qu’un gros plan mal tenu. Je préfère ce tempo-là, parce qu’il laisse de la place à la régularité. Et la régularité, chez moi, tient mieux que les grands élans.

Ce que j’ai envisagé en alternative et pourquoi certaines options ne m’ont pas convenu

Le cours collectif en salle m’a vite pesé. L’horaire fixe collait mal à mes soirées, et la fatigue du jour se voyait tout de suite dans mes épaules. Je suis rentrée d’un cours avec l’impression de suivre le groupe au lieu de sentir mon corps. Le prix à 15 euros la séance ne me semblait pas léger pour ce résultat.

Les séances individuelles chez une prof m’ont paru plus nettes, parce que chaque détail ressort. Mais à 62 euros, une seule séance oblige à choisir, et mon agenda n’aime pas ça. J’ai aimé la précision, pas la logistique.

La visio en petit groupe a été le bon compromis pendant quelques semaines. Le problème, c’est la vitesse : au moment où je cherchais à corriger mon pied, la prof passait déjà au bras suivant. J’ai fini par accepter que ce format sert bien à vérifier un enchaînement, pas à régler une posture fine.

C’est pour ça que j’ai gardé un mix. La plateforme sert à répéter, la visio à corriger, et la séance en direct à vérifier un détail qui résiste. Je ne cherche pas la perfection, juste une base propre qui me laisse respirer. Avec ma fille de 6 ans, c’est le seul montage qui tient sans me vider.

À qui ça convient, à qui ça convient moins

POUR QUI OUI : pour une débutante discrète qui veut 19 euros par mois, des séances de 20 minutes et le droit de refaire trois fois le même passage. Oui aussi pour une personne qui travaille tard, qui rentre fatiguée, et qui préfère avancer sans pression sociale. Et oui encore pour quelqu’un qui accepte de se faire corriger en visio de temps en temps et de garder le téléphone de profil une fois par semaine.

POUR QUI NON : pour une personne qui a des douleurs récurrentes dans les lombaires, la nuque ou les genoux et qui cherche un ajustement immédiat. Non aussi pour celle qui veut des séances de 40 minutes d’emblée ou qui saute l’échauffement dès qu’un enchaînement devient plus tonique. Mon verdict : sur Studio Moka, les cours en ligne m’ont aidée à démarrer et à garder le rythme. Je les trouve trop seuls dès qu’une posture se dérègle ou qu’un ancien inconfort revient.

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La rédactrice